Epurer sa voix de travail

Lorsque l'on débute le chant, il arrive souvent que l'on soit confronté à quelques difficultés qui peuvent paraître insurmontables. Des notes trop hautes qui coincent, un son trop fort qui craque, difficulté à suivre le rythme, tentative d'effets de voix ratés... Les raisons de se démoraliser sont souvent nombreuses, et pourtant la raison est simple : nous cherchons à trop faire, trop vite.

Dans notre envie de "bien chanter", nous imaginons déjà le résultat que nous attendons. Et pour nous en rapprocher, nous essayons de tout donner et de faire de notre mieux. Malheureusement, c'est souvent trop pour notre voix, et nous nous retrouvons à "en faire des tonnes" pour un résultat de plus en plus décevant à mesure que l'on s'acharne.

Stop ! Arrêtons tout ! 🙂 Cessons les frais tout de suite et épargnons un peu nos pauvres cordes vocales qui sont souvent les premières à trinquer (en même temps que les oreilles des voisins). Ensemble, revenons à la base et voyons à quel point les choses peuvent parfois être très simples.

Tout d'abord, voyons les choses à ne pas faire lorsque nous commençons à découvrir une chanson et à essayer de la maîtriser.

  • La première chose : les effets. En essayant de rajouter des "vibes" (ou ornementation), un vibrato, ou même pourquoi pas une couleur rock ou au contraire lyrique, nous contraignons la fonction phonatoire "naturelle" de nos cordes vocales. C'est-à-dire que vos cordes vocales, habituées depuis toujours à être sollicitées d'une certaine manière (la manière dont vous parlez le plus généralement) se trouvent soudainement malmenées de toutes parts, écrasées, comprimées, étirées et bien d'autres tortures encore, afin de transformer leur son en quelque chose de plus ou moins probant. Et pourtant, elles qui se sentent si confortables lorsque nous les utilisons pour parler calmement et sans effort, pourquoi les maltraiter ainsi ?
  • La seconde chose est la respiration. "Il faut respirer par le ventre, contracte le diaphragme, expulse par la colonne d'air, inspire par les genoux et ouvre tes chakras en te détendant la rate" ou combien d'autres hallucinations pédagogiques avons-nous entendues en cours de chant (ou pire, à la télé !) ? Ne vous prenez pas la tête avec tout ça. Notre respiration sait parfaitement ce qu'elle a à faire, elle le fait naturellement sans que nous ayons à y penser et, plus encore, une bonne respiration ne fait pas un bon chant, mais un bon chant fait une bonne respiration. C'est en effet en utilisant correctement nos cordes vocales que notre respiration s'harmonise naturellement.
  • La troisième chose est parfois le fait des paroles. Lorsque l'on chante dans notre langue maternelle ou dans une langue étrangère que nous maîtrisons, il nous paraît simple de prononcer les mots. Et pourtant, nous ne nous rendons pas compte à quel point l'articulation peut créer involontairement des tensions au niveau des mâchoires, de la langue, des lèvres et de la gorge, et qui provoquent des resserrements au niveau de la gorge. Il est parfois bon de mettre les mots de côté pour se contenter de simples voyelles sur lesquelles nous nous sentons confortables, et sur lesquelles - plus tard - nous rajouterons progressivement les consonnes en veillant à ne pas créer de tension.
  • Le dernier piège dans lequel nous tombons est celui des conditions de travail. Chanter avec la musique à fond dans les tympans, le casque sur les oreilles, ou sous la douche en essayant de couvrir le bruit de l'eau, ne sont pas vraiment des conditions idéales car elles nous poussent à chanter plus fort et souvent trop fort. Préférez un endroit calme, comme votre salon, avec une température confortable (un air trop froid pour rigidifiera, refroidira vos cordes vocales et vous sera désagréable) et si vous vous accompagnez avec la musique, choisissez une bande instrumentale pour bien vous entendre (plutôt que de hurler par-dessus le chanteur ou la chanteuse) et à volume faible/moyen afin de ne pas avoir à "pousser" pour vous entendre". Vous pourrez monter - plus tard - le volume de votre voix et de la musique lorsque vous aurez déjà trouvé une position vocale de confort. L'idéal dans un premier temps est de chanter au même volume qui si vous parliez à un ami qui se trouve à un mètre devant vous. Pas plus fort.

Une fois que vous aurez ôté ces éléments parfois contraignants (effets excessifs, respiration alambiquée, articulation exagérée ou gênante, volume écrasant) vous constaterez que la voix sort beaucoup plus facilement et que vous vous fatiguez moins.

Une fois que vous serez confortables et que votre voix résonnera plus aisément, vous pourrez rajouter les consonnes et les effets, puis optimiser la respiration selon ce que vous aurez appris en cours afin de perfectionner et solidifier le tout et enfin d'augmenter le volume sans craindre de vous fatiguer.

Dans de prochains articles, nous verrons comment rendre la tâche vocale encore plus facile et performante.

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